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LÉON / Les Porsche sont des voitures d’homme. Et c’est précisément pour cela que les femmes les aiment. C’est avec cette conviction que je suis rentré, au printemps dernier, d’un voyage initiatique à Berlin où Porsche nous avait invité à essayer la gamme Boxster.
* au bonheur des dames
Régulièrement, un article apparaît dans la presse - automobile ou non - visant à expliquer comment se conçoit une voiture destinée aux femmes. Du porte rouge à lèvre en passant par le miroir de courtoisie illuminé ou les bas de sièges n’agressant pas les bas, rien n’est oublié de ce qui constitue le parfait vanity-case mobile supposé séduire la gente féminine. Chez Porsche, on dit juste « Boxster ».
Car à bien y réfléchir, qu’est-ce qu’une femme aimant l’automobile aime dans une automobile ? Probablement et même certainement, ce qu’un homme aimant l’automobile aime dans une automobile.
J’en étais à ce stade de la réflexion lorsque Aurélie m’a dépassé. Prenant quelques libertés avec les limitations de la portion d’Autobahn où nous nous trouvions, son Boxster rouge est passé devant le mien. Elle est d’ailleurs arrivée à destination [bien] avant moi. J’invoquerai ultérieurement les arrêts photos effectués en chemin pour expliquer mon apparition tardive. Mais le fait est qu’Aurélie a tout simplement mieux exploité [apprécié ?] les ressources du 6 cylindres à plat que moi. Sans doute un début de réponse à mes questions existentielles….
J’ai d’ailleurs fini par me mettre vraiment en retard, au point de renoncer à une partie de l’itinéraire concocté par Porsche, et décrit avec une rigueur toute germanique dans l’excellent road-book remis à Berlin. J’ai donc confié le reste de mon trajet au système de navigation gentiment programmé en français. D’un maniement particulièrement aisé, celui-ci a cependant oublié de me préciser que la petite route empruntée dans la forêt se muerait au bout de quelques kilomètres en chemin caillouteux. Durant la ballade forcée à 30 Km/h qui s’ensuivit, j’aillais apprécier la compagnie de quelques écureuils, et l’exceptionnelle rigidité du Boxster sur un terrain a priori peu favorable à une voiture découvrable, et se traduisant par une absence totale de vibrations dans la baie de pare-brise. La carrosserie des Porsche serait-elle taillée dans une masse de métal ? L’intérieur participe au sentiment de qualité, avec des matériaux dont le rendu visuel et tactile marque un réel progrès par rapport à la première phase du modèle.
Après cette séance de tout chemin improvisée, je touche enfin au but : Une ancienne base militaire aérienne - à l’époque le plus importante du Pacte de Varsovie - située en ex-Allemagne de l’Est et reconvertie en piste d’essai. L’endroit est absolument incroyable par sa taille démesurée, le nombre de bâtiments désaffectés et les anciens hangars en arc de cercle qui abritaient des Migs. Le programme qui nous y attend est néanmoins des plus pacifiques, et s’effectuera en compagnie de mes homologues de la presse lifestyle française. J’y retrouve Aurélie, Patrice [Blast et Intersection] et Colas, l’attaché de presse de Porsche France. Durant les quelques heures qui suivent, nous allons nous efforcer d’appréhender les capacités des différentes versions du Boxster mises à notre disposition : 2.7 et 245 Ch pour la version d’”entrée”, 3.4 et 295 Ch pour le S. Sans compter l’exemplaire gris à boite Tiptronic avec lequel je suis venu.
A chaque exercice, qu’il s’agisse d’éprouver le freinage, les liaisons au sol ou de tester les bénéfices des aides à la conduite, le même scénario se répète : Aurélie prend les devants, profitant gentiment des réflexes de courtoisie de ses compagnons d’un jour. Son enthousiasme semble vouloir me conforter dans les réflexions du matin. Elle sera donc à chaque fois la première - et pas la moins adroite - à vérifier l’incroyable résistance des freins céramiques [en option], la disponibilité des mécaniques, ou encore à éviter les cônes disposés la piste arrosée d’eau.
Mais quelle que soit l’intensité de nos efforts, nous serons bien loin d’exploiter tout le potentiel du Boxster, ce que se chargera de nous démontrer Walter Röhrl himself. L’ex-champion du monde des Rallyes 1980 et 1982 [respectivement sur Fiat 131 Abarth et Opel Ascona 400] met aujourd’hui son talent au service de Porsche, qu’il s’agisse de mise au point des modèles routiers ou de relations publiques. Une fois encore, Aurélie est la première à s’asseoir aux côtés de notre chauffeur d’un jour. Et le sourire qu’elle arbore quelques instants plus tard achèverait de dissuader les réticents en admettant qu’il y en eut. De fait, au cours de la [trop] brève démonstration qui nous est offerte, un grand sentiment de modestie envahit le « sac de sable » de service. Entre les mains de Walter Röhrl et toutes assistances électroniques déconnectées, le Boxster se fait ballerine, refusant la plupart du temps de pointer le nez ailleurs qu’à l’intérieur des courbes. Une métaphore pourtant démentie par la violence des appuis, et le hurlement des pneus arrière.
Retour - déjà - vers l’aéroport. Aurélie ouvre la route. Bien que la vue d’une Porsche n’émeuve que rarement nos amis d’outre-Rhin, notre petit convoi coloré semble néanmoins produire son effet. Je dispose cette fois de la version S. Et bien que le 2.7L essayé précédemment soit loin d’être paresseux, le 3.4L se montre plus volontaire à bas et moyen régime. Des qualités plus qu’utiles pour suivre le train imposé par Aurélie. J’ai décapoté, et j’en profite donc pleinement pour profiter du grognement métallique produit par la mécanique. Je m’aperçois également que chaque reprise d’accélération se traduit par une vibration plaisante à l’accélérateur, et comme rien ne semble laissé au hasard par Porsche, j’en arrive à me demander si celle-ci procède d’une volonté délibéré des ingénieurs de la marque. Sur l’autoroute, les plus de 200 km/h - cette fois autorisés - atteints à plusieurs reprises me permettent de vérifier que le fast motoring s’apprécie aussi capote baissée [mais vitres tout de même relevées], les turbulences se révélant quasiment inexistantes dans l’habitacle.
Au moment de rendre les clefs, il me vient à l’esprit qu’une excellente voiture de femme est avant tout une excellente voiture. Quant à celles qui n’aiment pas l’automobile, je leur suggère de conduire un Boxster….